décembre 2006

Roumanie : "les piliers solides du communisme sont restés"

Après la déclaration de condamnation du communisme j’ai eu la conscience en paix, affirme le président de la Roumanie

Bucarest, 20 déc/Rompres/ - Le président Traian Basescu a affirmé le mardi 19 décembre, à la radio BBC, avoir eu la conscience en paix après avoir prononcé au Parlement la déclaration de condamnation du régime communiste.

"Jusqu’au moment où je suis devenu président, j’ai su ce qui était arrivé dans la période communiste, mais d’informations disparates ou de livres. Les réalités de la fonction de président ont montré la nécessité d’une telle analyse, d’un tel rapport et la nécessité d’une incrimination pareille de la période communiste de Roumanie", a déclaré le chef de l’État.

Traian Basescu a réaffirmé soutenir sans réserves le rapport de la commission présidentielle dirigée par Vladimir Tismaneanu, même si ce document "a subi une tentative de discréditation avant d’être lu".

"Et cette chose a été faite par bien des gens importants du point de vue de leur présence publique parce qu’ils sont des restes du régime communiste. Restes dans les mentalités parce qu’on ne saurait dire qu’un peuple nouveau s’est forgé en 17 ans ! C’est le peuple roumain, avec son histoire, ses réalités, qui a été soumis, par sa volonté, à un processus de transformation. Mais les piliers solides du communisme sont restés, qui se manifestent dans la presse, la vie politique, à toutes les chaînes TV et dans beaucoup d’institutions", a souligné Traian Basescu.

Le chef de l’État a présenté le lundi 18 décembre au plénum réuni des deux Chambres du Parlement le rapport de la commission présidentielle d’analyse de la dictature communiste de Roumanie et a condamné cette période de l’histoire du peuple roumain.

D’anciens dignitaires communistes occupent des positions importantes dans la politique, les affaires et les médias, affirme le président Traian Basescu

Bucarest, 20 déc/Rompres/ - Le président Traian Basescu a admis le mardi 19 décembre, dans une interview à la radio BBC, que tous les segments de la vie sociale, politique, économique, des médias étaient "fortement affectés par les restes du communisme" et qu’un grand nombre d’anciens dignitaires communistes "sont des personnes qui ont une puissance économique extraordinaire".

"On les retrouve dans des manifestations directes de la vie politique, comme il s’est passé au Parlement, à la lecture du discours de condamnation du communisme, et ils sont visibles dans les consortiums médias. Notre vie quotidienne est affectée par cette réalité à laquelle je suis décidé de faire face et diminuer sa capacité de faire du mal à la Roumanie", a relevé le président.

Traian Basescu a également affirmé que, derrière les consortiums de presse privés existaient des hommes d’affaires intéressés que l’État soit aussi faible que possible pour qu’ils puissent contrôler ainsi de façon discrétionnaire la vie économique et politique du pays.

"Ils réussissent à présent créer une telle atmosphère pour que les institutions de l’État soient inhibées. Toutes les fois qu’un important homme d’affaires est appelé donner des réponses au Parquet ou est traduit en Justice, on peut voir un groupe significatif de supporteurs dans les médias. Toutes les accusations de la personne soupçonnée ou de ses avocats se dirigent contre les institutions de l’État. On ne voit aucune chaîne TV qui soutienne le contraire, que les autorités de l’État ont raison, au moins un peu, et qui soit curieuse à investiguer ce qui est arrivé dans une situation ou autre", a précisé le chef de l’État.

Selon lui, le phénomène est bien plus grand qu’on n’a vu au Parlement, notamment parce qu’il "s’agit d’hommes d’affaires, d’hommes avec influence politique, politiciens et consortiums médias".

"C’est le triangle qui lutte contre les institutuions de l’État démocratique, essayant de maintenir sa domination exercée pendant 15 ans. Depuis 2005, ils sont très dérangés par des réalités, mais ils réussissent encore à installer un ministre au gouvernement, exercer une influence dans des domaines importants et cette chose devra disparaître. Je lutterai sans pitié contre ces phénomènes. Tout comme ils sont impitoyables envers moi", a relevé le président.

Répondant à la question de savoir pourquoi les enquêtes ne touchaient pas à ces personnes, Traian Basescu a énuméré parmi les causes l’influence politique et financière que ces gens exerçaient. Les imperfections du système judiciaire, depuis les Parquets jusqu’aux instances de jugement sont en sont également responsables.

"Mais pour moi il est très important que ces institutions ont commencé à sentir qu’elles sont libres et ont commencé à agir. Personne ne dit que ce sont des institutions parfaites et qu’elles ne font pas d’erreurs, mais je les encouragerai à continuer à agir et à remplir leur mission", a conclu Traian Basescu.

[Roumanie.com]

    e-mail     Imprimer cet article


VOIR AUSSI
Doina Cornea, symbole de la résistance anticommuniste roumaine, s’est éteinte
(6/mai./2018)
Doina Cornea, l’ex-dissidente du régime communiste roumain, Doina Cornea, est décédée à l’âge de (...)
Rencontre entre le Président roumain et Donald Trump à la Maison Blanche
(10/jui./2017)
Le Président roumain Klaus Iohannis a été reçu en visite officielle à la Maison Blanche par Donald (...)
Le journaliste Luca Niculescu, nommé ambassadeur de Roumanie en France
(6/déc./2015)
Le journaliste Luca Niculescu, rédacteur en chef à Radio France International Roumanie, va (...)
Soutiens à Charlie Hebdo en Roumanie suite à l'attentat
(8/jan./2015)
11 janvier 2015 Le président de la Roumanie, Klaus Iohannis, a participé ce dimanche à la (...)
L’ex-Roi Michel de Roumanie : "pas de politique sans éthique"
(26/oct./2011)
[photo : Agerpres] En 1947, le régime communiste a fait abdiquer le Roi Michel de Roumanie. (...)
La Roumanie se souvient : Pitesti, la rééducation par la torture
(15/oct./2010)
Des dizaines de chercheurs et d’historiens roumains et étrangers assistaient Pitesti à la 10e (...)
La Roumanie fête le 20e anniversaire de la Révolution de 1989
(22/déc./2009)
[photo : Agerpres] Il y a vingt ans, des mouvements de protestation contre le régime (...)