octobre 2011

L’ex-Roi Michel de Roumanie : "pas de politique sans éthique"

[photo : Agerpres]

En 1947, le régime communiste a fait abdiquer le Roi Michel de Roumanie. Le Roi a été contraint de quitter la Roumanie et de s’exiler en Angleterre, puis en Suisse. En 1997, il a retrouvé sa citoyenneté roumaine, et est revenu habiter son pays. Le 25 octobre dernier, à l’occasion de son 90e anniversaire, il a tenu un discours devant le Parlement roumain, pour la première fois depuis 64 ans.

Quelques extraits de son discours :

« La politique est une épée à double tranchant. Elle garantit la démocratie et les libertés si elle est pratiquée dans le respect des lois et des institutions. La politique peut par contre amener des préjudices, si elle est pratiquée dans le mépris de l’éthique.
[…]
Les institutions démocratiques ne sont pas gouvernées uniquement par des lois, mais aussi par l’éthique et le sens du devoir. L’amour du pays et la compétence sont les critères principaux pour pratiquer la vie politique.
[…]
Le monde de demain ne peut exister sans moralité, sans foi et sans mémoire. Le cynisme, l’intérêt étroit et la lâcheté ne doivent pas guider notre vie.
[…]
En 1989, les voix d’autorités du monde entier se sont élevées pour aider la Roumanie. Ces voix venaient en aide aux jeunes qui se sont sacrifiés pour débarrasser la Nation d’une tyrannie destructrice. Vingt ans après, le moment est venu d’avoir un comportement public complètement et définitivement exempt des mauvaises habitudes du passé. La démagogie, la dissimulation, le goût pathologique du pouvoir, l’égoïsme primaire, le bon plaisir, n’ont pas à exister dans les institutions roumaines de 2011 : ils rappellent trop les années d’avant 1989.
Il convient de résister à présent, et de préparer l’avenir. Unis dans le pays, et avec nos voisins et nos frères, il faut maintenir nos efforts et redevenir dignes et respectés.
[…]
Les valeurs les plus importantes, après la liberté et la démocratie, sont l’identité et la dignité. L’élite roumaine a ici une grande responsabilité.
La démocratie doit enseigner à garder le cap, et non le perdre de vue. La Roumanie, comme tous les pays d’Europe, a besoin de dirigeants respectés et capables.
[…]
Il est en notre pouvoir de bâtir une Nation stable, prospère et admirée dans le monde.
Je ne vois pas la Roumanie d’aujourd’hui comme un héritage de nos parents, mais comme un pays que nous avons emprunté à nos enfants.
Que Dieu nous aide dans ce sens ! »

[Source : les journaux roumains]

Le devoir et la reconnaissance

Cela faisait plus de 60 ans que l’ancien souverain ne s’était pas adressé à sa Nation depuis le Parlement roumain. Sa présence dans cette institution fait partie d’un large éventail d’évènements, prévus en septembre et octobre 2011, et destinés à fêter son 90e anniversaire.
Son premier devoir aujourd’hui a été de se souvenir de ceux qui sont morts pour l’indépendance et la liberté roumaines.

Après son discours, le Roi a gagné l’Opéra de Bucarest, où un concert de gala était donné en son honneur.

Le Roi a également remis à différentes personnalités roumaines, européennes et américaines la médaille Michel Ier de la Loyauté, la Croix de la Maison royale de Roumanie, ou encore la décoration royale Nihil Sine Deo.

Biographie du Roi Michel Ier de Roumanie

Le Roi Michel de Roumanie a régné de 1940 à 1947. Né le 25 octobre 1921 à Sinaia (centre de la Roumanie), il est le fils du Roi Carol II (Charles, règne de 1930 à 1940), et de la Reine Elena, Princesse de Grèce.

Michel Ier est à l’initiative de la journée du 23 octobre 1944, où la Roumanie, qui collaborait jusqu’ici avec l’Allemagne, a retourné les armes contre Hitler, et commencé à prendre part aux opérations militaires de la coalition anti-fasciste. Grâce à ce ralliement, les historiens roumains estiment que la IIe guerre mondiale fut considérablement raccourcie.

Le 30 décembre 1947, un groupe d’homme politiques communistes a exigé du Roi qu’il abdique, et quitte la Roumanie, ce qu’il a fait en janvier 1948 avec sa famille. La famille royale a alors vécu un temps en Grande-Bretagne, puis s’est installée à partir de 2004 à Aubonne, en Suisse.

Michel Ier de Roumanie est devenu membre honoraire de l’Académie roumaine le 19 décembre 2007. Le 10 mai 2011, il s’est vu remettre par la Guild of Freemen de la Ville de Londres l’ordre de la Liberté de la Ville de Londres, et sa contribution au raccourcissement de la Guerre de 1939-45 (estimé à 6 mois et qui a permis de sauver des milliers de vies), a été reconnue par les autorités britanniques.

Le 23 octobre dernier, il s’est vu remettre par la Ville de Kromeriz en République tchèque le titre de citoyen d’honneur, en reconnaissance de son rôle dans la libération de plusieurs villes de l’occupation nazie pendant la 2e guerre. [source : Agerpres]

[Roumanie.com]

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